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Claques et fessées : pourquoi la violence éducative est-elle nocive ?

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« Les enfants sont comme la crème : les plus fouettés sont les meilleurs »

Cette citation des frères Goncourt vous aura peut-être fait sourire. Peut-être parce que vous-même avez été un adepte de la fessée, un grand habitué des gifles et grand expert en bêtises et caprices, et que vous êtes plutôt du genre à vous dire « Une bonne fessée n’a jamais fait de mal à personne, j’en suis la preuve ! ». D’autres au contraire, se sentiront offusqués. Car il est vrai qu’aujourd’hui la notion de violence éducative est remis en question tant sur son efficacité réelle que sur sa pertinence et légitimité. Puis, il y a ceux au milieu, les indécis, parfois débordés, ne sachant que penser, ne sachant pas toujours comment réagir face à son enfant énervé, agité et capricieux, s’essayant parfois à la violence à des fins éducatives, sans trop y croire. Pourtant, peut-on réellement affirmer qu’une gifle ou une fessée puisse véhiculer des notions de discipline et d’éducation ? La Chouette vous donne son avis !

 

Le cercle vicieux de la violence

Comme le veut l’adage, « la violence ne résout rien ». Bon, c’est vrai qu’il s’agit là d’une phrase un peu bateau, mais elle n’en est pas moins véridique. Certes, la fessée ou la gifle est une « solution » à court terme : radicale et expéditive, vous obtiendrez ce que vous voulez de votre enfant en un temps record. Mais pourtant, cette méthode est très loin d’être idéale car l’enfant ne peut apprendre à coopérer ainsi, et sur le long terme, des études ont démontré qu’elle pouvait être à l’origine de troubles psychologiques. Pire, il retient de cette expérience traumatisante que les grandes personnes ont tout à fait le droit de taper leurs enfants s’ils veulent en obtenir quelque chose. Il se sentira quelque part humilié, apeuré, honteux. Cela peut même le mener parfois à des désirs de vengeance et à des ressentiments on ne peut plus dangereux pour votre relation parent-enfant.

Enfin, un enfant frappé sera lui-aussi tenté de frapper en retour son frère, ses camarades plus petits que lui, etc. Et c’est là que commence le cercle vicieux de la violence, car l’enfant risque d’intégrer cette violence dans son mode de fonctionnement. D’ailleurs, une étude américaine de 2010 parue dans la revue Pediatrics affirme que les enfants ayant reçu fréquemment des fessées à l’âge de trois ans, avaient de fortes chances de devenir plus agressif dès l’âge de cinq ans. Il ne s’agit donc pas d’une solution adaptée pour l’enfant. Pour reprendre les termes de l’anthropologue Ashley Montagu : « Fesser un enfant, c’est semer la graine de la guerre ».

 

Les dangers de la fessée :

De nombreuses études ont démontré que les enfants ayant été « fessés » étaient plus susceptible de développer des maladies somatiques telles que les cancers, l’asthme ou encore des maladies cardio-vasculaires. Cela est dû en partie par le stress que génère ce type particulier d’éducation. Il a également été prouvé que très souvent, des lésions du cerveau trouvées chez certaines personnes pouvaient avoir pour origine des claques à un stade précoce de l’enfance. Le châtiment corporel peut donc avoir des effets désastreux sur le long terme. Il en est de même sur les capacités intellectuelles de votre enfant. Lorsqu’un enfant est stressé, le centre préfontal dans le cerveau (lieu des apprentissages) est complètement écrasé par la stimulation de l’amygdale cérébrale (centre de la peur). Cela se traduit sur le long terme par un quotient intellectuel amoindri, car la peur paralyse les axes d’apprentissage de l’enfant.

 

La parentalité bienveillante

La violence pédagogique n'est donc certainement pas une solution, et nous nous devons de substituer celle-ci par une parentalité bienveillante. Notre manière de vivre et de concevoir notre existence constituent le premier élément auquel l'enfant est exposé. Ce sont nos valeurs, celles que nous portons et incarnons au quotidien que nous transmettons directement et sans s'en rendre compte à nos enfants. L'enfant assimile et intègre très rapidement votre manière de vivre et s'en trouvera tout aussi affecté que vous : si vous allez bien, votre enfant ira bien. Au contraire, si l'enfant traverse une période tumultueuse, il est fort probable que vous-même soyez dans une mauvaise passe. 

En cas de problème, il est très important que le parent ne fasse pas le point uniquement sur son enfant, mais aussi sur soi, ses émotions, son humeur, son stress et ses inquiétudes. Pour pouvoir avancer dans le bon sens de la marche, il est indispensable que l'enfant puisse sentir la confiance que nous lui portons, dépourvue de toute inquiétude. La confiance et l'estime de soi de l'enfant ne peuvent se développer qu'en le soutenant et en l'accompagnant. Les parents collaborent à la construction de leur enfant, ils l'aident dans son travail de développement. Le parent a pour mission d'être attentif au bien être de l'enfant, qui lui permettront de développer sa sécurité intérieure, et ce, grâce à l'affection que nous lui portons. Une sécurité intérieure que l'enfant ne pourrait avoir si nous nous montrons violent envers lui.

 

Vous l’aurez compris, la fessée et la claque ne sont plus vraiment d’actualité car aujourd’hui, on leur attribue bien plus de méfaits que de bienfaits. Il existe bien des manières de corriger le comportement de son enfant sans avoir recours à la violence. En tout circonstance, sachez montrer la confiance et l'amour que vous portez à votre enfant !

Sur ce, au placard les martinets et règles métalliques !

 

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